1858 circa – Émile-Jean Lépissier avec ses enfants Laurent et Juliette

Avant le départ en Chine (1826-1866)
Émile-Jean Lépissier (李璧諧 –Lǐ bì-xié), né le 6 décembre 1826 à Paris au 188 rue Saint-Antoine, dans le IVème arrondissement, en plein cœur du Marais, est le fils de Jean-Nicolas Lépissier, marchand-épicier à Paris.
Après d'excellentes études au Lycée Charlemagne à Paris, Émile-Jean est tout d'abord répétiteur de mathématiques dans ce Lycée.
Émile-Jean travaille ensuite, vers 1850, comme actuaire à la Compagnie Royale d'Assurance sur la Vie.
Il épouse Marie-Augustine (dite Maria) Boissard avec laquelle il a quatre enfants, dont seuls deux vivront, Émile-Laurent né en février 1850 et Juliette-Lise née en juin 1855.
Lorsque Urbain Le Verrier est nommé en janvier 1854 à la tête de l'Observatoire de Paris, à la suite du décès de François Arago en 1853, Émile-Jean Lépissier fait acte de candidature et le rejoint très vite à l'Observatoire en septembre 1854.
Émile-Jean est rapidement nommé Astronome adjoint en octobre 1857.
Le caractère difficile et le management parfois brutal de Le Verrier amènent de nombreux collaborateurs à déserter l'Observatoire.
C'est ainsi qu'Emmanuel Liais, un collègue et ami d'Émile-Jean Lépissier, part pour le Brésil. Cela donne des idées à ce dernier.
Après avoir essayé vainement de se faire nommer comme astronome pour l'expédition scientifique et culturelle française au Mexique, qui doit faire suite à l'expédition militaire de 1862, Émile-Jean accepte la proposition du ministère des Affaires étrangères relayant le ministère de l'Instruction publique pour partir comme astronome en Chine.
Portrait officiel de l'empereur Xian Feng

Séjour en Chine (1867-1871)
Émile-Jean Lépissier (李璧諧 –Lǐ bì-xié) est chargé, en octobre 1866, par le Ministère de l'Instruction publique d'une 'mission scientifique en Chine à l'effet de se livrer à des observations astronomiques et géodésiques'. En fait, Émile-Jean partira pour enseigner la langue française.
Émile-Jean est, en effet, nommé comme (premier) professeur de français au Tóng Wén Guǎn (同文館), – qui deviendra l'université de Běijīng - 北京 –, premier établissement chinois d'enseignement des langues et techniques occidentales, créé en 1862 pour les lettrés chinois. Le Tóng Wén Guǎn dépend du Zǒnglǐ Yámén (总理衙门), l'ancêtre du ministère des Affaires étrangères chinois, mais ses coûts sont supportés par les Douanes Maritimes Impériales chinoises (大清皇家海關總稅務司 – Dà Qīng huángjiā hǎiguān) dirigées par le Britannique Robert Hart, qui de ce fait contrôlent effectivement le Tóng Wén Guǎn.
Émile-Jean part seul en Chine en août 1866. Son épouse Maria et ses enfants, Laurent et Juliette, le rejoindront l'année suivante. La famille habite rue du 'Poisson Sec' (甘雨胡同) à Běijīng. La Chine est alors sous le règne de Xiánfēng (咸丰), le 8ème Empereur de la dynastie mandchoue des Qīng (清).
Connaissant bien Robert Hart, Émile-Jean fait entrer son fils Laurent en juin 1869 dans les rangs des Douanes Maritimes Impériales chinoises.
Mais il est alors très difficile pour des étrangers d'enseigner à des Chinois qui n'acceptent pas toujours de recevoir un enseignement de 'barbares occidentaux'. Plusieurs professeurs du Tóng Wén Guǎn en font la difficile expérience.
N’acceptant pas la réorganisation du Tóng Wén Guǎn sous les ordres de W.A.P. Martin, un Américain, arguant que cela est contraire à son contrat, Émile-Jean est démis de ses fonctions en février 1870. Il est remplacé par Charles Vapereau qui restera de très nombreuses années au Tóng Wén Guǎn.
Amer, Émile-Jean part alors avec son épouse à Shànghǎi (上海) où il espère se faire une situation. Il y crée, en janvier 1871, un journal dont il sera le gérant-rédacteur en chef, 'Le Progrès'.
Mais il se heurte à la concurrence directe d'un autre journal français de Shanghai, 'Le Nouvelliste de Shanghai', fondé par un aventurier apatride (mais né en France), Auguste Beer quelques mois avant 'Le Progrès'.
Une grande animosité naîtra entre les deux hommes et les deux journaux finiront par faire rapidement faillite en quelques mois.
Fin 1871, Émile-Jean Lépissier décide de revenir à son métier de base et signe un contrat comme professeur de mathématique puis d'astronomie au Japon.
Almanach pour l'année 1873 publié par Émile Lépissier à Yokohama
(courtoisie du Prof. Tsuko Nakamura)

Séjour au Japon (1872-1874)
Émile-Jean arrive au Japon en janvier 1872, suivi peu après par son épouse Maria et sa fille Juliette. Le Japon est alors encore sous le calendrier de l'ère Meiji.
Émile-Jean est officiellement employé par le Gouvernement japonais pour enseigner l'algèbre, la géométrie, la mécanique à la Kaisei-gakko school (東京開成学校) qui deviendra l'université de Tokyo. La 'Kaisei-gakko school' japonaise est le pendant du 'Tongwen Guan' chinois.
Il est l'un des cinq premiers scientifiques non-japonais à gravir le mont Fuji, en juillet 1873, pour le mesurer.
En janvier 1874, il signe son contrat pour enseigner l'astronomie à la Kaisei-gakko school (l'université de Tokyo).
Émile-Jean, très malade, démissionne en juin 1874 et rentre en France avec son épouse et sa fille.
Amoureux des langues et de philologie, Émile-Jean maîtrisait parfaitement le latin et le grec et parlait déjà l'allemand, le basque et le breton (brezounek) avant son arrivée en Chine.
Par la suite, il parlera très bien l'anglais et le chinois mandarin (il servit d'interprète chinois à bord de la canonnière la 'Flamme' à la suite des massacres de Tiānjīn de 1870). Il se débrouillera également correctement en japonais pour faire ses cours.
Il décède à Paris, le 21 octobre 1874, à l'âge de 48 ans.
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L'onglet suivant vous permettra d'avoir plus d'informations sur le parcours d'Émile-Jean Lépissier : 'Livre sur Émile-Jean Lépissier (1826-1874)' – 474 pages et 217 illustrations (Consultation réservée à certains membres de l'Association Émile-Jean Lépissier)
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Lors de la 'VIIIth International Conference on Oriental Astrology' qui s'est tenue en mars 2014 à Hefei en Chine, le Professeur Tsuko Nakamura (Teikyo-Heisei University, Japan) et Mme Suzanne Débarbat (Observatoire de Paris) ont présenté une étude conjointe 'Emile Lépissier (1826-1874), French Astronomer of misfortune who taught first in China and in Japan' dont la conclusion est la suivante : "We must remember and appreciate Emile Lépissier's role, played as one of the founders of the early astronomical education system in China and Japan".
Vous trouverez ci-dessous la présentation écrite, en japonais, par le Professeur Tsuko Nakamura.
Le "Journal of Astronomical Histrory and Heritage" de l'Université des Sciences et Technologie de la ville de Héféi (province de Ānhuī) a publié en anglais dans son Vol. 26 N°4 de décembre 2023, la traduction du document (en japonais) du Professeur Tsuko Nakamura (Teikyo-Heisei University, Japan) et de Madame Suzanne Débarbat (Observatoire de Paris) de mars 2014 auquel a été ajouté des contextes historiques.
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Redirections :
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